Devendra Banhart

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Devendra Banhart

Message  Hayyah le Jeu 10 Déc - 23:15

Alors, je ne mettrai que la wiki-discographie du monsieur à la fin, parce que je trouve que son interview sur un blog libé donne envie de découvrir son travail. Il fait des réponses qui sont bien plus intéressantes que les questions.
Devendra Banhart : “Je ne suis pas un hippie”
04 NOVEMBRE 2009
PHOTO: Jean-Baptiste Mondino
TEXTE: Clément Ghys
Devendra Banhart What will we be Mondino
2
Il change de maison tous les quatre mois, peint, écrit et sort un nouvel album, "What Will We Be". Rencontre avec un musicien hors-norme qui aime la mode, l’écologie et vénère la nature.

Au début des années 2000, un chanteur américain, poilu, androgyne et christique fait irruption sur la scène musicale. Devendra Banhart intrigue avec son visage maquillé, ses cheveux longs, son enfance itinérante – il est né au Texas, a grandi en Californie et au Venezuela – et son nom hindou (celui de la déesse de la pluie). Quelques albums, parmi lesquels les très beaux Niño Rojo et Cripple Crow, en ont fait l’un des chefs de file d’une nouvelle scène américaine avec CocoRosie, Vetiver ou Animal Collective. Pour Next, il revient, avec élégance, calme et ce charme hiératique qu’on trouve en Inde, sur son nouvel album (What Will We Be), parle mode et musique entre envolées lyriques et engagement écolo. Pendant la séance photo, il s’amuse à porter des habits que l’on jugerait excentriques. Une fois la séance terminée, il enfile un gilet de laine arc-en-ciel qui tombe jusqu’à ses pieds. Ses mains sont couvertes de bracelets et de bagues, ses bras de tatouages ésotériques.

Quel rapport entretenez-vous avec la mode ?

Je ne suis pas un mannequin mais quand je peux mettre mes habits et les mélanger à ceux d’autres créateurs, j’aime ça. Je n’ai jamais, au grand jamais, fait appel à un styliste. Mais quand j’aime quelqu’un, je veux porter ses habits. Mon amie très proche, ma « sœur » (la photographe) Lauren Dukoff, crée aussi des vêtements. Récemment, j’ai porté une robe de Rodarte (1), deux filles géniales qui font des habits géniaux. La mode, c’est comme aller au restaurant, ça dépend des gens avec qui on y va et ce qu’on y mange.

Avec What Will We Be, vous mêlez différents styles, certaines chansons sont joyeuses, d’autres plus sombres.
C’est uniquement des chansons nouvelles, sauf Rats. Ce sont des "documents" qui racontent ce que j’ai traversé pour être là où je suis maintenant. Elles viennent toutes de la même expérience. Du moment où j’ai fini Smokey Rolls Down Thunder Canyon – le précédent album – et la tournée qui a suivi, je n’ai rien écrit. Pendant un an. Je précise que tous les quatre mois, je change de maison. J’ai emménagé dans un nouvel endroit où j’ai passé quelques mois à ne faire que dessiner et peindre. J’ai pris tous mes carnets de notes et j’ai essayé de condenser chaque page en une seule phrase.

Le titre de ce nouvel album semble poser une question.
En fait, le titre se lit de deux manières différentes quand il est imprimé. On peut à la fois lire "What will we be" comme une question ("que serons-nous ?"), ou alors comme une réponse "What we will be", ("ce que nous serons"). Trouver un titre d’album, c’est toujours très compliqué, il faut farfouiller dans les mauvais endroits. C’est un mystère pour moi. Dans chaque objet inanimé, on peut voir ce que l’on va devenir et l’on voit aussi que tout est dérivé de la nature. [Il prend le dictaphone dans ses mains.] Cette machine, par exemple, est faite à partir de plastique, qui vient du pétrole, et de métal. Ces deux matières viennent de la nature qui est notre centre d’énergie.

Quel regard portez-vous sur les maisons de disques ?
Le modèle avec lequel ont fonctionné les maisons de disques pendant des années est complètement obsolète. Ils ont été obligés de repenser tout leur fonctionnement, de devenir plus humbles. Par le passé, certains labels indépendants m’ont traité à la façon d’une major. Alors que là, une major m’a traité de la même manière qu’un label indépendant. Mais je ne change jamais ma musique pour plaire à quelqu’un, mon but n’est pas d’être accessible.

Vous avez une approche de la musique très "do it yourself" ; comment jugez-vous le téléchargement, et les récentes évolutions de l’industrie musicale ?
La numérisation de chansons qui ne sont jamais sorties sur CD est quelque chose de formidable. On garde un vinyle des années comme une œuvre d’art, on l’approche, on le chérit tel un vieil ami et le son est meilleur, il n’y a pas de doute. De l’autre côté, avec le MP3, j’aime télécharger toutes sortes de choses obscures, ainsi qu’un collectionneur. De toute façon, ma mère est la seule personne qui achète mes CD ! Je survis grâce à l’art. Je vais bientôt faire une exposition en Espagne avec Beck. Il a fait des photos, moi des dessins. Avec un autre ami artiste, on va organiser une expo qui sera suivie d’un combat, un vrai combat, ça va être drôle !

On parle beaucoup d’une nouvelle scène musicale aux Etats-Unis, les hippisters (mot-valise regroupant hippie et hipster, branché), dont vous seriez le héros.
[Ironiquement] Hippister, je ne connais pas ce mot. Le plus drôle là-dedans, c’est que ça ne veut rien dire. Tous les hippies me détestent parce que je ne suis pas comme eux. Cela me dérange pas. Ces étiquettes sont un piège. Je ne suis pas un hippie, je ne suis pas un musicien, je suis un individu. Ces qualifications sont des prisons. Je n’ai même jamais dit que je faisais du folk. Les gens parlent de hippisters, de freak folk mais aucun d’entre nous ne s’est jamais défini comme tel. C’est le résultat de la frustration de certains journalistes et leur désir de créer une scène, de dire : "Je suis celui qui a inventé ce terme, qui a théorisé cette culture", comme dans le passé pour le punk ou pour l’electroclash.

Tout ce processus ferait partie d’une idéologie qui vise à catégoriser, à moraliser.
C’est une question qui demande réflexion, et j’ai trop bu ces deux dernières semaines pour vous donner une réponse construite ! Mais je suis toujours neutre sur ces questions de moralité. Comme ils disent au Nigeria, "palava", soit "ça ne m’intéresse pas". C’est d’ailleurs dans le refrain de ma chanson préférée de Fela Kuti, Trouble Sleep Yanga Wake Am. Il est intéressant de constater qu’il y a cinquante ans, il était interdit de prononcer le mot "sexe" à la télévision. Et même temps, à Paris par exemple, on se promène dans la rue et l’on voit toutes ces statues de nu. On grandit en apprenant à apprécier tout ça, comme le vin ; ici, on apprend à boire. Aux Etats-Unis, on grandit déprimé, dans la frustration, on ne sait pas boire.

Vous parlez d’écologie, de religion; vous êtes optimiste ?
Si je deviens pessimiste, je tombe dans le nihilisme et perds tout espoir. Si je reste optimiste, je continue à faire des efforts. [Il regarde ailleurs, concentré.] Il faut toujours garder en tête qu’au fond, tout vient de la nature. Tout est à repenser.

Devendra Banhart, What Will We Be (Warner). En concert à la Cigale le 6 décembre.

Discographie
* 2002 : The Charles C. Leary (hinah)
* 2002 : Oh Me Oh My|Oh Me Oh My... The Way the Day Goes By the Sun Is Setting Dogs Are Dreaming Lovesongs of the Christmas Spirit (Young God)
* 2004 : Rejoicing in the Hands (Young God)
* 2004 : Niño Rojo (Young God)
* 2005 : Cripple Crow (XL Recordings)
* 2007 : Smokey Rolls Down Thunder Canyon (XL Recordings)
* 2009 : What Will We Be (Warner Bros. Records)

J'ai connu par une copine et je n'ai que l'album Nino Rojo, j'adore Horse Headed Flesh Wizard (à vos deezer, je ne trouve pas de vidéo à insérer). Sinon, y a ça

et ça

_________________
Dadine a écrit:Dead can Dance, ça va avec tout clown
avatar
Hayyah
Aristochatte

Féminin Nombre de messages : 6749
Age : 40
Localisation : Sud Ouest
Date d'inscription : 14/05/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: Devendra Banhart

Message  captain.bobo le Ven 11 Déc - 13:28

Un peu prétentieux, non ? scratch
avatar
captain.bobo
Yeti lover

Masculin Nombre de messages : 2724
Age : 38
Localisation : DTC mais sur la côte ouest, maintenant !!
Date d'inscription : 03/09/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: Devendra Banhart

Message  Hayyah le Ven 11 Déc - 13:48

euuuh ...
je le trouve un peu barré, assez eclectique, mais pas prétentieux

_________________
Dadine a écrit:Dead can Dance, ça va avec tout clown
avatar
Hayyah
Aristochatte

Féminin Nombre de messages : 6749
Age : 40
Localisation : Sud Ouest
Date d'inscription : 14/05/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: Devendra Banhart

Message  Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum