pixies

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Message  syland le Sam 14 Juin - 5:58

Il est des groupes qui, on ne sait pourquoi, sont touchés par la grâce. Les Pixies sont de ceux-là, et pourtant ils n'ont pas eu besoin de réputation sulfureuse, de fin violente ou d'histoires sordides pour acquérir leur statut de "meilleur groupe d'extraterrestres du rock".
L'histoire commence en 1985, plus précisément le 7 mai, à 11h30. La précision vous surprend ? C'est tout simplement l'heure choisie par Charles Michael Kitridge Thompson, 21 ans, pour péter les plombs : le jeune homme, originaire de Boston, USA, est alors étudiant en espagnol à Porto Rico depuis quelques mois, mais il veut désormais rentrer chez lui et devenir une rock-star. Aussitôt dit, aussitôt fait, celui que l'on ne va pas tarder à appeler Black Francis (parce que "C'est un nom de star, rigolo et pompeux, comme Iggy Pop ou Billy Idol") retourne à Boston, dévoie son copain Joey Santiago, Philippin émigré enfant aux Etats-Unis, et la paire se met à la recherche d'autres musiciens. Joey, fasciné par des mots qu'il ne comprend pas toujours très bien, lance l'idée que leur groupe pourrait s'appeler "Pixies In Panoply" ("Les Lutins en panoplie"), mais Pixies sonne mieux, et le nom est adopté. Une petite annonce pour un bassiste "évoluant entre Hüsker Dü et Peter, Paul & Mary" est publiée : une seule personne répond, engagée bien qu'elle soit venue à la première répétition sans basse. C'est une petite nana délurée nommée Kim Deal, alias Mrs John Murphy (car elle est mariée). Cette dernière, qui a déjà fondé un groupe folk garage (Breeders) avec sa sœur jumelle, connaît un batteur meilleur que celui avec lequel ils ont commencé à jouer : David Lovering, qui rejoint aussitôt le trio.

L'ovni Pixies peut alors être lancé. Après de multiples répétitions dans le garage de la maison des parents de David, le groupe donne un premier concert (catastrophique) en juillet 1986, à Boston. Lors du deuxième, le groupe bénéficie de la première partie d'un groupe connu, les Throwing Muses, avec qui il se lie d'amitié. Tout s'enchaîne alors très vite. Un fanzine local prédit que les Pixies deviendront les leaders du rock underground de toute la côte Est. Le journal se trompe, il est bien en deçà de la réalité ! Black Francis et sa bande de lutins illuminés enregistrent rapidement leur première démo, qu'ils envoient notamment au label des Throwing Muses, 4AD, en Grande-Bretagne. Le label, qui jusque-là n'a fait parler de lui qu'avec Bauhaus ou les Cocteau Twins, sera le parrain de l'heureux poulain. La signature immédiate des Pixies aura de grandes conséquences. D'abord pour le groupe, évidemment, qui s'engage sans le savoir dans une voie royale et planétaire. Ensuite pour le label indépendant, qui deviendra grâce à eux l'un des plus importants d'Angleterre. Enfin pour tout le rock européen, qui se morfondait alors entre les mélodies mollassonnes de The Mission et les pop-songs gentillettes de Lloyd Cole, les Smiths venant juste de se séparer.
Fait quasi unique dans l'histoire du rock, une bonne partie de la démo envoyée par le groupe à Ivo, patron de 4AD, est utilisée telle quelle pour le premier album ! "Come On Pilgrim" sort en octobre 1987, et se place rapidement à la première place des charts indépendants. Le public ébahi découvre un groupe à la fois violent, sombre, hilarant et complètement déjanté, capable de fredonner des pop-songs crétines avant d'envoyer d'énormes paquets de décibels ponctués par les hurlements de dément de Black Francis. Les Pixies ne se prennent pas au sérieux, sont bourrés d'énergie (d'alcool aussi, souvent), et plaisent autant aux amateurs de punk qu'à tout un public las des ambiances gothiques évaporées. Les Pixies réinventent les trois accords, entraînant avec eux les plus réfractaires, leurs chansons réveillant en chacun la rage de vivre, même chez les aficionados de la déprime.
Six mois plus tard, le deuxième album du groupe voit le jour, produit par le célébrissime Steve Albini, chantre du hardcore américain. "Surfer Rosa" va encore plus loin que "Come On Pilgrim", il déborde d'énergie, de folie et d'urgence, le son est parfait, les paroles débiles et étranges à souhait (Black Francis est fan de David Lynch, Bunuel ou Dali).
Le résultat ? "Surfer Rosa" lui aussi se place en tête des charts dès sa sortie et le premier single, "Gigantic", fait de même. L'album est classé fin 88 comme le meilleur de l'année par les journaux Sounds et Melody Maker. Les Pixies entament aussitôt leur première tournée européenne en compagnie des Throwing Muses, auxquels ils volent d'ailleurs souvent la vedette. La tournée achevée, le groupe, de retour à Boston, commence l'écriture de son troisième album et, dès mars 1989, sort un nouveau single : "Monkey Gone To Heaven".

Un mois après, "Doolittle" enfonce le clou, et c'est désormais toute une jeunesse qui ne jure plus que par les Pixies. Leur son évolue quelque peu, au-delà des cris d'orfraie de Black Francis (quinze ans après, on est toujours surpris -et bouleversé- lorsqu'on l'entend hurler "Tame" sur le morceau du même nom) : peaufiné, moins rugueux (du moins sur les morceaux calmes...).
Le groupe s'offre une tournée européenne de 50 dates en avril, "Sex And Death", une autre en septembre aux États-Unis, au doux nom de "Fuck Or Fight". Chaque concert réserve son lot de surprises, ainsi, pour l'un, tous les morceaux sont joués par ordre alphabétique, et pour le suivant en sens inverse. Le quatuor est connu partout, il est invité à dîner par Michael Stipe, de REM, ou va au cinéma avec Nick Cave ; en Italie, il rencontre The Cure (Robert Smith annonce quelques mois plus tard dans la presse que les Pixies sont son groupe préféré), et y croise même… la mafia… d'où annulation immédiate des dates dans la péninsule.
Les tournées sont animées : refus quasi systématique de Black Francis de prendre l'avion (il préfère sa voiture), transformation en rhododendron de Joey Santiago (ce dont il est persuadé après avoir pris un peu trop d'acides), accident de mobylette de Kim Deal, ou amour impossible de David avec Wendy James, la pulpeuse chanteuse de Transvision Vamp.
En décembre 89, les Pixies sont déclarés meilleur groupe de l'année en Angleterre, "Doolittle" deuxième meilleur album, et "Monkey Gone To Heaven" meilleur single.
Les six mois qui suivent permettent au groupe de faire un break, et à Kim Deal, désireuse de s'exprimer personnellement, de relancer les Breeders pour un premier album, "Pod", produit par Albini. Celui-ci obtient un joli succès d'estime. En sus de sa sœur, le groupe, exclusivement féminin, se compose de Tanya Donnelly, qui délaisse provisoirement les Throwing Muses, et de Josephine Wiggs, qui fait de même avec Perfect Disaster.

Quelques mois plus tard, en juillet, sort le très attendu nouveau single des Pixies cuvée '90. Celui-ci s'avère de prime abord déroutant. La production de Gil Norton, déjà présent sur "Doolittle", a porté ses fruits, et "Velouria" semble dénué du côté barge omniprésent auparavant. Néanmoins, la mélodie se rend inoubliable après quelques écoutes, et le public est prêt pour l'album "Bossanova" (superbe pochette signée Vaughan Oliver, designer de 4AD, qui est pour beaucoup dans l'image Pixies), qui paraît en août. Les premières impressions du single se confirment : les Pixies ont mis de l'eau dans leur vin, et la folie furieuse a débouché sur une folie douce de meilleur aloi, privilégiant les mélodies, la pop music au sens noble du terme. Malgré Rock Music ou même Allison, l'ambiance de l'album reste cool, relativement sereine (voir Havalina qui clôt l'album). Les Pixies ont quitté notre planète, ils vivent sur la leur et ne sont plus effrayés par la violence du monde qui les entoure : les histoires sordides ont cédé la place au désir de soleil, pour le plus grand plaisir de tout le monde. Ajoutons que chaque morceau de l'album est un vrai tube : douze années plus tard, on n'a pas oublié ces mélodies parfaites, dont pas une n'a pris la moindre ride. L'album caracole toujours dans le peloton de tête des charts indépendants, même s'il n'est plus premier partout. "Bossanova" est aujourd'hui, pour beaucoup, l'album le plus représentatif du génie des Pixies, et celui que l'on recommande.

C'est à la fin de la tournée qui s'ensuit, en compagnie de –excusez du peu– David Bowie et des nouveaux poulains de 4AD, les Pale Saints, que Kim Deal annonce sur scène, à Londres, "c'est notre dernier concert". Prémonitoire ? Le groupe annule en tout cas le reste des dates prévues pour cause d'épuisement.
Kim Deal retourne jammer avec les Breeders, et les trois garçons se reposer chez eux.

L'année 1991 sera celle de tous les dangers. Lorsque "Trompe Le Monde" sort, après un maxi, "Planet Of Sound" toutes guitares dehors, le groupe ne baigne pas dans le bonheur. Black Francis et Kim Deal, aux personnalités très fortes, sont en constante opposition. C'est sans doute à cause de cet état d'esprit, de cette tension, que "Trompe Le Monde" est ce qu'il est : un album à double-tranchant. Certains y voient un ratage complet, d'autres le meilleur album du groupe. Il est vrai que l'on revient à une violence écorchée vive, à des textes encore plus incompréhensibles que d'habitude, et que l'arrivée d'un clavier de taille, celui d'Eric Drew Feldman, ex-Captain Beefheart puis Pere Ubu, apporte au son des Pixies une coloration inédite. L'ensemble peut donc dérouter et même décevoir ceux qui attendaient que le groupe poursuive dans la voie des pop-songs magiques. Ici, la magie est noire, les extraterrestres côtoient les punks tristes avec la tour Eiffel pour décor, dans un même morceau le hardcore se brise brutalement au profit de mélodies aérées (The Sad Punk), bref, les Pixies déstabilisent à nouveau l'auditeur.
La tournée suivante amène le groupe, planétaire comme ses chansons, en première partie de U2, rien de moins. À l'issue de cette tournée, nous sommes alors mi-92, les Pixies sont officiellement "en vacances". Les Breeders sortent le maxi "Safari", et l'on commence à se douter que quelque chose ne va pas au sein du groupe. "Trompe Le Monde" n'a pas vendu suffisamment, ce qui a profondément déçu Black Francis. Il est d'ailleurs en train de travailler sur un album solo, lorsqu'il est interviewé, le 13 janvier 1993. Il répond à la question de l'animateur radio, désireux de savoir si les rumeurs de split sont fondées, par un laconique : "Oui… en un mot, oui". Les autres membres du groupe n'avaient même pas été consultés ! Leader un jour, leader toujours, Charles Thompson met ainsi de son propre chef un terme aux Pixies.

La suite est, hélas comme dans la plupart des cas, bien moins passionnante. Si Kim Deal et ses Breeders font un tabac mondial avec leur fameux Cannonball sur "The Last Splash" l'année suivante, si Black Francis, renommé pour l'occasion Frank Black, sort deux brillants premiers albums ("Frank Black" en 1993 et, surtout, "Teenager Of The Year" en 1994), dès 1995 on ne parle plus d'eux.
Kim Deal, victime des problèmes de drogue de sa sœur, met rapidement un terme aux Breeders pour former The Amps, groupe sans intérêt. Les Breeders se sont néanmoins reformés pour un troisième album sorti il y a quelques semaines, qui se révèle à peine anecdotique.
Notre petit gros lunatique préféré ne trouvera guère d'estime musicale ailleurs qu'en France, et sauvera les meubles pour son troisième album solo, "The Cult Of Ray", puis avec un album "garage" raté au sein de son nouveau groupe "Frank Black & The Catholics". Les albums suivants, "Pistolero", en 1999, et surtout "Dog In The Sand", en 2001, sur lequel on retrouve pour trois titres Joey Santiago et Eric Drew Feldman, se bonifient et atteignent le niveau de "Teenager Of The Year". Et ces jours-ci sortent simultanément deux albums.
Quant aux seconds couteaux, Joey Santigao a joué avec Frank Black sur ses deux premiers albums avant de former "The Martinis" avec sa femme et David Lovering (ce dernier quittera le groupe avant que celui-ci ait sorti le moindre disque). Ledit Lovering a affirmé qu'il voulait faire partie de Depeche Mode, mais il n'aura eu depuis que le plaisir de participer à quelques projets : citons Nitzer Ebb, l'album solo de Tanya Donnelly et Eenie Meenie, groupe de Grant Lee Philips (ex-Grant Lee Buffalo).

Enfin, dans la série anecdotes, touchons un petit mot de deux films en hommage au groupe. L'un, mineur, mais qui a su capter le miracle Pixies, est français : "Albert souffre" (1991), de Bruno Nuytten, dont la musique est exclusivement labellisée Pixies, et plus récemment "Fight Club", que "Where Is My Mind ?" clôt sur une fin stupéfiante qui a sans doute enchanté Ben Laden. Signalons enfin que le héros de la série TV "Millenium" se nomme Frank Black, et que ce nom n'est bien entendu pas un fruit du hasard.

Cette réminiscence Pixies n'aurait probablement pas vu le jour si, ô surprise, n'était sorti ces jours-ci un faux nouvel album du groupe, regroupant les morceaux inédits de la démo de "Come On Pilgrim" . On lui préférera les albums originaux.
Reste qu'une rumeur mystérieuse parcourt la planète d'est en ouest et du sud au nord : Frank Black, ces derniers temps, joue des morceaux des Pixies sur scène, et l'on commence même à parler d'une reformation du groupe !


bossanova(1990)

doolittle(1989)

surfer rosa(1988)

trompe le monde(1991)





http://www.youtube.com/watch?v=LUd48jRKzBo
http://www.youtube.com/watch?v=LK0CJqMK6f0
http://www.youtube.com/watch?v=KPqjXvnRFcM
http://www.youtube.com/watch?v=Oy8u12l18hY
http://www.youtube.com/watch?v=gGXdXcpNsv4
site officiel: http://www.4ad.com/pixies/
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Message  Azeleen le Sam 14 Juin - 16:42

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Message  diatribe le Sam 14 Juin - 17:48

Perso je trouve que c'est un groupe suréstimé,je n'y vois rien de génial la dedans!
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Message  syland le Sam 14 Juin - 18:00

Moi j'adore ce groupe mais grave.Certain chanson son totalement délirante
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Message  Azeleen le Sam 14 Juin - 19:36

ma préférée c'est Gigantic
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Message  celtill le Dim 15 Juin - 11:27

diatribe a écrit:Perso je trouve que c'est un groupe suréstimé,je n'y vois rien de génial la dedans!

tous kom nirvana ou sex pistols mais voila c'est eux qui ont été le detonnateur de nouveau son

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gilda a écrit: je suis en vacances...
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Re: pixies

Message  euh...... le Lun 16 Juin - 0:08

tres tres bon les pixies vu en concert y a deux ans bon souvenir
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